Le nitrate est l’élément emblématique de la problématique qualité de l’eau dans les régions agricoles du grand ouest. La source des nitrates est dans plus de 95% des cas le lessivage des sols arables. C’est bien notre mode d’exploitation des terres qui a été responsable de l’augmentation des concentrations. L’augmentation régulière et parfois impressionnante des concentrations en nitrates dans les années 80 et 90 a conduit les instances à réagir pour stopper cette évolution. Dans les régions où le phénomène est apparu il y a quelques décennies, nous sommes passés à une phase de stabilisation à des niveaux de concentrations relativement élevées. Parfois une légère baisse est apparue. L’évolution de la politique agricole, la mise en place de seuils sur la densité du bétail ou la limitation des intrants par exemple, ont stoppé la phase de croissance. Les actions de reconquête ont été développées en particulier en Bretagne (Progamme BEP) dès le milieu des années 90 sur les nitrates, (et également sur les pesticides). Les syndicats de bassins versants sont devenus les partenaires locaux, qui ont relayé ces efforts sur le terrain.

 

Bilan des quantités de phosphore entrée/sortie sur un cycle annuel, comparé au stock interne

Captage d’eau souterraine (Basse Normandie)

Etant sur un équilibre instable à des niveaux élevés, il est normal de retrouver des concentrations élevées (en hiver sur les bassins schisteux et une partie des bassins granitiques) dès que les eaux subsurfaces, enrichies en nitrates par ressuyage et percolation, rejoignent le cours d’eau. La valeur repère fixée à 50 mg NO3/l que tout le monde connait, est le seuil qui déclenche généralement les articles hivernaux sur la problématique de la qualité des eaux, … chaque année.

Ce qui est moins normal, c’est de retrouver une évolution positive de ces concentrations dans des régions, où le système agricole n’était pas aussi intense que dans les régions comme la Vendée, la Bretagne, la Somme ou encore la Beauce. Cette évolution moins rapide, que dans les années 80 est pourtant réelle, et parfois plus visible encore dans les eaux de nappes superficielles. Le transfert des sols vers les réservoirs d’eau, des cours d’eau est donc toujours plus important que les pertes du système (dénitrification/consommation).

 

Le Nitrate est le paramètre le plus contrôlé et le plus suivi dans les programmes de reconquête du grand ouest. Les mécanismes de déplacement dans l’hydrosystème sont en grande partie connus et décrits. On peut continuer de décrire l’évolution des concentrations et des flux exportés du bassin versant par des mesures dans les cours d’eau, mais ce n’est pas là qu’il faut chercher les solutions, mais bien sur le versant, à l’échelle de la parcelle cultivée et dans le positionnement des zones humides sur le versant. C’est le compartiment sol qui semble être le boîte noire dans laquelle se trouve la solution.

 

Image-phosphorePhosphore

phosphateLa chimie du phosphore dans l’eau est simple. Sa forme stable, est la forme ionique la plus oxydée PO4³- ‘( 1 atome de phosphore pour 4 atomes d’oxygène), qui présente une très grande affinité avec les cations du complexe argilo humique du sol, du sédiment.

image_module4Bassin Versant

Le bassin versant est aujourd’hui l’entité de réflexion, d’action et de gestion de la qualité des eaux de surface. Le bassin versant topographique est l’ensemble des terrains qui verse vers une même vallée. L’ensemble des eaux tombant sur cet espace est récolté via un réseau superficiel et souterrain pour alimenter un même cours d’eau.

image_qualite Qualité

La composition chimique des eaux superficielles est fortement dépendante des caractéristiques naturelles et de la pression humaine du bassin versant drainé par le cours d’eau que l’on étudie. On parle de Signature du bassin versant.

image_fluxFlux

Le flux est la quantité d’un élément transporté par un écoulement d’eau, pendant un temps donné. Il correspond au produit d’une concentration (dans l’eau) par un débit. On étudie généralement les flux de nitrates ou de phosphore véhiculés sur un cycle annuel, par un cours d’eau. Nous avons ainsi un résultat exprimé en tonnes d’azote ou de phosphore par an.

Nappe-Rivière

Les eaux souterraines et le fonctionnement des aquifères de socle : les aquifères de socle sont des nappes superficielles reposant sur un socle géologique peu perméable (granite, schiste). Ils constituent un type de réservoir de petites dimensions aux capacités modestes mais appréciables pour les petites collectivités et les agriculteurs.

image_nitrate3Nitrates

nitrateLe nitrate est l’élément emblématique de la problématique qualité de l’eau dans les régions agricoles du grand ouest. La source des nitrates est dans plus de 95% des cas le lessivage des sols arables. C’est bien notre mode d’exploitation des terres qui a été responsable de l’augmentation des concentrations.